Les solutions du président
Suite à la discussion avec les partenaires sociaux ce mercredi après midi, M. Sarkozy a (encore) pris la parole à la télévision afin de nous faire un compte rendu de ce qui s’y était dit.
Bien malin qui pourrait prédire la durée de la crise qui nous touche. Notre hyper-président est certainement beaucoup mieux informé que tout le monde, puisque nous sommes, selon ses dires, “en plein milieu de la crise”. Youpi, plus que quelques mois à tenir alors si on l’écoute. A moins qu’il n’est pas réellement voulu dire ça… Bref qu’a-t-il donc proposé aux partenaires sociaux pour nous sortir de cette situation ?
Tout d’abord, il ne faut surtout pas réitérer les erreurs du passé et ne pas tomber dans une politique de facilité. C’est pourquoi toutes ses solutions sont toujours axées sur l’investissement, la réforme et le travail. Comme il le dit lui même avec un petit haussement d’épaule hautain et condescendant, ce n’est pas en embauchant plus de fonctionnaires que l’on résoudra nos problèmes. Mais, M. le président, nous ne vous demandons pas d’embaucher plus de fonctionnaires, simplement de ne pas supprimer les 30 000 postes prévus.
Il n’est pas non plus question d’augmenter le SMIC, puisque cela ne ferait que plonger notre pays dans une galère encore plus importante. Et puis, il est vrai que seul un salarié sur 10 est concerné par le SMIC. Une broutille, et depuis quand les minorités sont-elles dignes d’intérêt ?
Bref, notre président s’est dit déterminé à appliquer sa politique dans un esprit de responsabilité et de justice.
Voici maintenant les décisions tant attendues qui ont été prises après plus de cinq heures de pourparler avec les partenaires sociaux :
- Les personnes au chômage partiel seront indemnisées jusqu’à 75% de leur salaire brut au lieu des 60 actuels.
- Afin d’encourager la consommation et de permettre aux chômeurs partiels de vivre décemment (sic), les banques vont assouplir leurs échéanciers d’emprunt.
-Les chômeurs non indemnisées qui ont exercé une activité d’au moins deux mois se verront attribuer une prime exceptionnelle de 500 euros. De quoi vivre en dehors du besoin pendant 1 mois au moins.
-Les entreprises bénéficiant d’aides de l’état s’engageront à former et à recruter des jeunes (espérons que cela ne se fasse pas au détriment de nos aînés).
-Un fond d’investissement d’un montant maximum de 3 Milliards d’euros va être créé afin d’encourager l’emploi et la formation.
-Les dirigeants des entreprises qui vont recourir au chômage partiel et au licenciement devront renoncer aux aides d’état. Ceci est, selon Sarkozy, un élément irréfutable de la justice qu’il souhaite mettre en place dans notre société. Et pendant ce temps, les patrons de ces mêmes entreprises n’ont toujours pas de plafonnement de salaires.
-Les personnes qui font parti de la première tranche d’imposition verront leurs impôts diminués des 2/3.
-Les personnes touchant une allocation rentrée scolaire auront une prime de 150 euros.
Notre président nous annonce donc, pas peu fier de lui, qu’il effectue ici son devoir en soutenant la classe moyenne. Puisque même lui semble en reconnaître l’existence, procédons donc à un petit peu d’engagement et de lutte des classes. Bien entendu, tout ce qui suit n’est que mon humble avis et ne compte pas comme vérité absolue
Si aider la classe moyenne semble effectivement être une nécessité, encore faudrait-il définir correctement la classe moyenne et ne pas oublier les autres. Je ne suis pas certain qu’un ouvrier chez Renault, travaillant à la chaîne pour un salaire de 1300 euros par mois en temps normal, donc moins élevé ici du fait du chômage technique, soit d’accord si on lui annonce qu’il appartient à la classe moyenne. Ne parlons même pas des personnes qui n’ont même pas un revenu supérieur à celui qui définit la “pauvreté”. Aider la classe moyenne, c’est bien.
Aider la classe pauvre également, c’est mieux. Au final, aider les gens dans le besoin, peut importe la classe à laquelle ils appartiennent, semble bien être la seule solution réellement sociale que pourrait apporter un gouvernement au peuple français de nos jours. Et si pour cela, il faut tronquer les salaires des grands patrons d’entreprise, que cela soit fait ! Si pour cela il faut augmenter le SMIC de quelques 200 euros par mois, pourquoi donc s’en priver ?
Si faire son devoir signifie aider la classe moyenne en oubliant ceux qui sont encore plus dans le besoin, vous avez très bien réussi M. Sarkozy, à supposer que vous aidiez réellement la classe moyenne. Evidemment, se mettre les grands patrons, qui ont acquis un trop grand pouvoir à force de libéralisme outrancier n’est pas aisé, mais voici ce que serait peut-être le devoir d’un homme voulant réellement oeuvrer pour le bien être de l’ensemble de la population d’un pays dont il se dit le chef.
Pour terminer sur cette nouvelle blague télévisuelle dont lui seul semble avoir le secret, notre président semble un malin plaisir à nous rappeler à quel point il se croit tout puissant. Ainsi, par un habile procédé de dénégation totale d’une quelconque contestation, il affirme que les réformes se doivent de continuer. Les hôpitaux, les lycées, les universités, la recherche, la formation professionnelle et la fonction publique, tout y passera. Lorsqu’il disait que les manifestations en France ne se voyaient pas, il avait peut-être bien raison après tout. Mais il est bien le seul à avoir de telles oeillères, les ministres ayant de plus en plus de mal à garder le cap à propos de leurs réformes.
Dans un grand élan d’humanisme et de logique profonde, Sarkozy a cependant tenu à souligner que le personnel hospitalier et celui du corps enseignant n’était pas reconnu à sa juste valeur et récompensé de leurs efforts. Quelle magnifique preuve de reconnaissance que de donner moins de moyen à un système de santé qui en manque déjà. Quelle splendide récompense que d’annoncer des suppressions de poste pour le personnel enseignant.
M. Sarkozy, loin d’être las, annonce également vouloir moraliser et refonder le capitalisme. Essayez donc de moraliser le diable vous… Les dividendes, provenant des bénéfices enregistrés par une entreprise, seront donc désormais partagés entre les actionnaires et les salariés. Oui mes chers compatriotes, ce sont les salariés qui font qu’une entreprise enregistre des bénéfices. Il est donc normal qu’ils touchent une part des dividendes. Il aura fallu que M. Sarkozy nous en parle pour que nous en prenions conscience, nous pauvres Français ignorants.
En bouquet final d’un feu d’artifice raté, Sarko a dit prendre le seul chemin qui vaille : celui de l’effort, de la justice et du refus de la facilité. Cependant, il se refuse toujours à affronter directement un système en faillite, un patronat trop fort et trop libre, ainsi qu’une politique où le social est bien absent. Joli mensonge, Monsieur le Président.

Je ne m’étais pour ma part fait aucunes illusions sur l’intervention de Sarkozy ce soir.
Continuons nos luttes, et soyons plus mobilisés encore !
La population doit comprendre que les miettes qu’on viens d’obtenir sont uniquement le fruit des luttes des ces derniers mois, comme quoi tout est possible.
Continuions à battre le pavé et le reste du gâteau viendra bientôt, la Guadeloupe est en passe de faire plier la clic à sarko, il faut donc s’en inspirer.
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